Archips podana, Adoxophyes orana, Pandemis heparana, Spilonota ocellana
Tordeuse, pomme, poire
Les tordeuses sont les chenilles de différents papillons appartenant à la famille Tortricidae. Elles sont très fréquentes dans les cultures de pommiers et de poiriers et sont connues pour leur comportement caractéristique : l’enroulement et le tissage des feuilles afin de former un abri. Les larves se nourrissent à partir de ces feuilles enroulées de feuilles, de bouquets floraux et de jeunes fruits, provoquant des dommages économiques.
Qu’est-ce qu’une tordeuse ?
Les tordeuses regroupent plusieurs espèces (notamment la grande tordeuse (Archips podana), la tordeuse orientale du fruit (Adoxophyes orana), la tordeuse couleur de foie (Pandemis heparana) et la tordeuse à yeux ocellés (Spilonota ocellana)) qui présentent un comportement et des dégâts très similaires.
Les chenilles sont généralement de couleur verte, élancées, très mobiles et se laissent souvent tomber au bout d’un fil de soie lorsqu’elles sont dérangées. Les papillons adultes varient selon l’espèce, mais sont en général de couleur beige à brun, avec des bandes ou des taches caractéristiques sur les ailes.
Les tordeuses tirent leur nom de leur habitude d’enrouler les feuilles et de les lier entre elles à l’aide de fils soyeux afin de se protéger des conditions climatiques et des ennemis naturels.
Symptômes sur pommier et poirier
- Feuilles enroulées ou agglutinées par des fils soyeux : les feuilles sont rapprochées et fixées entre elles par des fils soyeux. Cette feuille enroulée constitue l’abri et le lieu d’alimentation de la larve.
- Morsures sur les feuilles : les jeunes larves provoquent des morsures typiques ou de petites perforations dans le feuillage. Les larves plus âgées consomment des parties plus importantes à l’intérieur de la feuille enroulée, ce qui rend les feuilles visiblement endommagées et déformées.
- Dégâts sur les bouquets floraux et les jeunes pousses : les chenilles peuvent s’installer dans les boutons floraux et les grappes, ce qui entraîne :
- des dommages aux organes floraux,
- l’avortement des fleurs,
- une croissance irrégulière des pousses due à l’alimentation dans les points de croissance.
- Dégâts sur les fruits : les larves qui fixent les feuilles au fruit se nourrissent de l’épiderme. Cela provoque :
- des cicatrices liégeuses,
- de petites dépressions superficielles ou une rugosité de la peau,
- des dommages cosmétiques permanents rendant les fruits invendables sur le marché du frais.
Cycle de vie
Le cycle de vie varie légèrement selon les espèces, mais suit un schéma similaire.
- Hivernation : les tordeuses hivernent sous forme de jeune larve sous l’écorce ou dans d’autres endroits abrités.
- Activité printanière : les jeunes larves se déplacent directement vers les jeunes bourgeons, les feuilles et les bouquets floraux. Ce stade précoce provoque les dégâts économiques les plus importants.
- Développement larvaire et nymphose : les larves passent par plusieurs stades au cours desquels elles enroulent activement les feuilles et se nourrissent. La nymphose se produit à l’intérieur des feuilles enroulées.
- Vol des papillons et nouvelles pontes : il existe des espèces avec une génération et des espèces avec deux générations par an. En été, la génération adulte apparaît et de nouveaux amas d’œufs sont pondus, qui éclosent plus tard dans la saison ou seulement après l’hivernation.
Impact sur les cultures de pommier et de poirier
- Pertes de rendement : les dégâts précoces sur les bouquets floraux entraînent une réduction de la nouaison. Les fleurs peuvent tomber prématurément ou ne pas former de fruits sains.
- Altération de la qualité des fruits : les dommages de l’épiderme causés par l’alimentation des larves entraînent des cicatrices et des zones liégeuses qui restent visibles. Les fruits perdent leur valeur commerciale.