Hilde Van Dyck

À propos des faits et de la fiction concernant les produits phytosanitaires

Les plantes aussi ont besoin de médicaments

Nous sommes gâtés. Heureusement. Dans les supermarchés, la nourriture ne manque jamais. Et elle est abordable. Cela semble tellement évident que beaucoup de consommateurs perdent le contact avec la réalité. Cette réalité implique que les cultures doivent fournir un bon rendement et cela ne va pas de soi. Comme les personnes, les plantes peuvent tomber malades ou être assaillies de maux. Dans ce cas, des médicaments sont nécessaires. En termes agricoles : des produits phytosanitaires sûrs et efficaces, qui ne sont lancés sur le marché qu'après une longue procédure stricte.
Hilde Van Dyck, Head of Development & Registration

Quiconque subit une perte de récoltes sait à quel point l'agriculture est vulnérable et connaît l'importance de solutions durables pour protéger les plantes. Tant l'agriculture traditionnelle que l'agriculture biologique ont besoin de produits afin de tenir les intrus et les maladies à une distance sûre. La culture biologique aussi ? Bien sûr. Prenons le cas des viticulteurs de la région de Bordeaux, qui adoptent en masse des méthodes biologiques. Sans cuivre, ils ne s'en sortiraient pas, déclarent-ils eux-mêmes. Le cuivre est-il inoffensif ? Loin de là.

Nocif ou pas, le mot est lancé. Le procès des produits phytosanitaires est souvent rapide. Trop rapide. Avec trop peu de connaissances et trop d'arguments émotionnels. Ne devons-nous pas nous préoccuper de notre santé ? Nous partageons cette préoccupation et nous félicitons dès lors la législation particulièrement stricte à laquelle tous ces produits sont soumis.

Les produits destinés à protéger les plantes ne sont mis sur le marché qu'après de longues années de recherche scientifique approfondie et strictement contrôlée. Deux questions sont au centre de ce processus intense : le produit fonctionne-t-il ? Et est-il sûr ?

Sur les plus de 100 000 substances que nous avons au départ, une seule sera mise sur le marché. Après 14 ans. Que se passe-t-il pendant tout ce temps ?

  • Nous sélectionnons les substances en fonction de leur action.
  • Si nous trouvons une molécule prometteuse, nous réalisons des tests toxicologiques afin d'en déterminer les effets. Les résultats de ces tests sont extrapolés à l'homme. Nous menons des études sur l'écotoxicologie et nous répertorions tous les effets possibles dans l'écosystème. Quelles sont les conséquences sur les insectes utiles, les micro-organismes de l'eau et du sol, les oiseaux... ? À quelle profondeur le produit pénètre-t-il dans le sol ? À quelle vitesse se dégrade-t-il ? Ces recherches prennent facilement trois à quatre ans.
  • Les valeurs de référence obtenues lors de ces recherches nous permettent de connaître les propriétés dangereuses d'un produit. Chaque produit est intrinsèquement dangereux, sans quoi il ne fonctionnerait pas. Mais il existe une immense différence entre danger et risque. Le gaz naturel est dangereux, car il est très explosif. Pourtant, nous l'utilisons pour chauffer nos maisons, car les conduites et les installations sont soumises à des règles strictes. Le risque d'explosion est donc faible. Nos risk managers font la même chose et tiennent compte de l'exposition afin de mesurer le risque
  • Sur la base de notre dossier, les autorités évaluent le produit et l'autorisent (ou pas). L'acte d'agrément précise ce qui doit être indiqué sur l'étiquette afin que le produit phytosanitaire puisse être utilisé de manière sûre.

    Juge et partie ?
    « Si vous transmettez vos propres études, vous êtes juge et partie », entend-on souvent dire. Fournir nos propres données peut sembler paradoxal, mais nous ne faisons pas n'importe quoi. Tous les essais ont lieu dans nos propres laboratoires ou chez des sous-traitants, sur la base des « bonnes pratiques de laboratoire » (BPL). Le système se déroule selon des procédures fixées par la loi et est entièrement traçable. Chaque étape est soigneusement décrite et documentée. Des contrôles sont effectués très régulièrement. Les autorités savent à quel point ces audits sont stricts et peuvent se fier aux résultats.
    Il serait par ailleurs invraisemblable que les autorités doivent elles-mêmes mener des recherches longues et coûteuses aux frais du contribuable.
  • Notre responsabilité ne s'arrête pas là. Grâce à des étiquettes bien documentées, claires pour l'utilisateur, et à l'aide de notre stewardship manager qui encourage et accompagne de bonnes pratiques agricoles, nous faisons en sorte que les normes soient respectées. Ce que peu de gens savent, c'est qu'un échantillonnage intensif de fruits et de légumes a lieu avant qu'ils ne soient mis sur le marché.

 

 

Cela peut paraître étonnant, mais nous sommes partisans du cadre légal strict. Il est clair que les produits phytosanitaires ne sont pas purement et simplement mis sur le marché. Et que toutes les parties fournissent des efforts pour les utiliser de manière durable.

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